Industry Spotlight – Harold Guillemin

Pour donner le coup d’envoi des Pleins feux sur l’industrie de cette année, nous mettons en vedette un très jeune entrepreneur innovateur,
son nom est Harold Guillemin et il est le PDG/fondateur de FinX.

Découvrez ci-dessous comment ce jeune homme fait la différence :

Quel est votre parcours et comment avez-vous développé les compétences pour diriger une entreprise ?

Après mon Master d’Ingénieur à l’ESME Sudria, j’ai rejoint la start-up AMS R&D, fondée par mon père, afin d’aider au développement d’une nouvelle technologie de pompe industrielle appelée Wavera qui utilise une membrane ondulée comme une nageoire de poisson. Lancée en 2018, cette gamme de 200 Watts et 100% électrique nous permet de propulser un fluide avec une économie d’énergie allant jusqu’à 30%. Après cinq années passées à la R&D d’AMS, comme je connaissais bien cette technologie et que je l’aimais, j’ai voulu l’adapter au monde nautique et ainsi propulser des bateaux sans hélice. Afin d’avoir toutes les compétences nécessaires pour développer une start-up, j’ai eu l’opportunité de faire un double Master en Entrepreneuriat d’un an à l’ESSEC et à CentraleSupélec. C’était un bon moyen d’avoir tous les pré-requis en affaires, en plus de la technique, comme la gestion d’entreprise, le juridique, la recherche de fonds, etc. Cela m’a permis de me concentrer sur le projet et de créer FinX. Grâce à tout cela, FinX est maintenant une équipe formidable, qui développe cette grande propulsion bio-inspirée.

Pourquoi avez-vous choisi de créer FinX ?

L’urgence climatique frappant à nos portes, je ne pouvais pas rester inactif. Fasciné par cette technologie, que j’ai contribué à développer chez AMS R&D, j’étais profondément convaincu que je pouvais l’adapter au secteur nautique. Quand on sait qu’un moteur de bateau à combustion de 5 CV pollue autant que 38 voitures, il y a une réelle urgence à mettre fin à cette aberration !
J’ai décidé d’adapter cette technologie à un univers où elle pourrait avoir un plus grand impact, il était donc évident de la développer dans le domaine de la voile… peut-être parce que je suis breton d’origine !

En quoi FinX se distingue-t-elle des autres entreprises ?

FinX est une technologie biomimétique, c’est-à-dire que nous nous sommes inspirés du mouvement de l’espadon qui a une vitesse de pointe jusqu’à 110 km/h pour créer cette nouvelle propulsion nautique. En s’ouvrant au biomimétisme, on est confronté à un potentiel de créativité illimité et on peut trouver de nombreuses solutions à des problèmes parfois très techniques. Typiquement, chez FinX, le biomimétisme a permis d’apporter des réponses à des questions liées à l’hydrodynamique, aux écoulements turbulents ou encore à l’hydrogénération. Ce système permet d’économiser jusqu’à 30% d’énergie par rapport à une hélice à la même vitesse.

Mais ce n’est pas le seul avantage, cette innovation offre également :
une maintenance réduite puisque le moteur est composé de très peu de pièces, une grande réactivité au démarrage « comme un poisson dans l’eau », les plastiques ou les algues ne s’emmêlent pas dans la membrane et y passent sans être arrêtées, et une sécurité maximale pour l’homme et l’environnement.

En 2018, il y a eu 86 accidents dans le monde liés aux hélices. C’est encore, un chiffre alarmant malgré les nombreuses précautions données aux utilisateurs. Ce chiffre ne tient évidemment pas compte de toutes les catastrophes causées à la faune et à la flore à cause des hélices.
Notre objectif est de réduire tous les impacts néfastes du marché maritime, quels qu’ils soient (polluants, mortels, bruyants, écologiques, économiques) en proposant des moteurs entièrement électriques qui se rechargent par le simple fait de naviguer et permettent de préserver totalement les usagers, la faune et la flore, puisqu’ils sont silencieux et sans hélices !

Quel est votre plus grand succès à ce jour ?

Ma plus grande réussite à ce jour est d’avoir su convaincre dans les différentes étapes clés du projet, par vagues successives, des personnalités ayant une réelle influence dans leur univers respectif : expert en biomimétisme, business angels, ingénieurs, partenaires ?

Cette communauté de bonne volonté nous a conduit en 2019 à participer pour la première fois au Monaco Solar and Energy Boat Challenge, mais aussi à participer à une table ronde des Assises de l’Économie de la Mer devant 1 500 personnes. Montrer ce que nous avons accompli ces quelques mois, l’enthousiasme et le potentiel de cette nouvelle technologie de propulsion nautique est toujours un immense plaisir.

Quel a été votre plus grand défi ?

Notre plus grand défi avec notre équipe est d’apprivoiser cette technologie de pointe à une puissance supérieure (> 100 HP). Elle a encore beaucoup à nous apprendre. C’est un défi très excitant de pouvoir propulser un fluide sans hélice, d’avoir les mêmes performances et en plus d’économiser 30% d’énergie. Nous sommes extrêmement heureux d’avoir pu propulser notre premier prototype, un défi énorme compte tenu de la complexité de la technologie !

Quels sont les projets de FinX qui vous enthousiasment et qui pourraient révolutionner l’industrie ?

Le projet le plus fou de FinX, serait d’adapter cette nouvelle technologie de propulsion à un porte-conteneurs avec une grande économie d’énergie (c’est environ 70 k€ d’économie) ! Un tel projet pourrait révolutionner le transport maritime ! Polluant à la fois l’air et l’eau des mers et océans, l’impact écologique du transport maritime est énorme, une « grande partie de la pollution totale générée sur terre ». En 2012, les émissions de dioxyde de carbone du transport maritime représentaient 2,2 % des émissions mondiales dues à l’activité humaine. L’Organisation Maritime Internationale (OMI) prévoit qu’elles augmenteront de 50 à 250% d’ici 2050 si aucune mesure n’est prise… Face à la catastrophe environnementale qui se prépare, nous cherchons à faire en sorte qu’un monde plus sûr, plus propre et plus vert devienne réalité. Un monde dans lequel les progrès technologiques conduisent au renforcement de l’écosystème marin et non à sa destruction. Un monde où les moteurs sont le parfait équilibre entre performance et respect de l’environnement. Proposer ce type de solution pour des propulsions très polluantes est un projet révolutionnaire pour lequel nous nous levons chaque matin.

Comment voyez-vous l’avenir de l’industrie du yachting et quelles sont les actions que vous souhaitez voir mener par d’autres entreprises ?

Pour l’avenir, nous espérons voir l’industrie du yachting avec une empreinte environnementale minimale et accessible au plus grand nombre. Nous croyons fortement à la coordination entre les acteurs de l’industrie nautique pour proposer des solutions toujours plus innovantes, pour contribuer au développement de ce monde plus propre, plus vert et plus sûr.

Quelles compétences et attributs recherchez-vous chez les candidats désireux de rejoindre votre entreprise ?

Nous recherchons des candidats qui croient que nous pouvons changer notre destin en développant des moteurs plus verts et plus sûrs. Nous voulons des gens qui s’emparent du projet, qui nous aident à suivre cet objectif et qui vivent à 100% ce projet complètement novateur et non conventionnel avec le désir de changer tout un secteur.

Ces personnes feront partie de la révolution FinX !